comment coopérer avec la nature

Publié le par Frédéric Vanpoulle

Un article (américain) à ne pas mettre entre toute les mains ? En tout cas un article déconcertant pour beaucoup,
que j'ai la sagesse et la folie de prendre au sérieux : ce qui m'amuse beaucoup ! me voilà embarqué dans cette aventure,  j'apprend les tests kinésiologiques  et à suivre les conseils des intelligences de la nature...Frédéric Vanpoulle.


PERELANDRA
ou comment coopérer de façon cocréative avec la nature.

(Article de P.M.H. Atwater, L.H.D, Ph. Doctor (Hon), PO Box 7691, Charlottesville, VA 22906-7691, USA, paru dans le magazine New Realities – Mai Juin 1988 - copyright 1988 PMH Atwater)

Quand vous vous mettez à changer votre relation à votre jardin,
vous changez aussi votre approche à votre vie.


La communauté de Findhorn a fait sensation dans les années 70. Située non loin du Cercle Arctique en Ecosse, cet endroit morne et stérile est devenu un véritable jardin d'Eden, produisant des légumes incroyablement gros et de spectaculaires fleurs hors-saison, le tout animé par des gens "qui parlent avec les anges et les fées". A mesure que Findhorn se développait et prospérait, la transformation du sol a provoqué une transformation des âmes et le monde ne fut plus tout à fait le même.

Les succès de Findhorn demeurent pour tous la preuve évidente et visible que l'impossible est toujours possible, que la magie est encore vivante et qu'elle se porte bien. Cependant, Findhorn reste pour la plupart un lieu éloigné pour des visions d'ailleurs, réminiscence d'un temps où l'intégrité primait et où service et attention étaient l'éthique de base.

Ce qui caractérisait Findhorn, son coeur même, c'était son centrage quotidien et concret sur comment créer un environnement en pleine santé et une vie saine en équilibre et en harmonie. On en était au B.A. BA, et ça marchait. Mais les "instructions", la guidance informative qui a fait la différence, venaient de ce qui était présenté comme les territoires de Dieu par le biais des royaumes de la nature. C'était une affirmation déconcertante, mais qui reste intacte après des années de défis et de critique.

Les gens oublient, cependant, que les fondateurs de Findhorn ne furent pas les premiers à établir un partenariat co-créatif avec les mondes invisibles. Le grand botaniste George Washington Carver a lui aussi affirmé avoir parlé avec les intelligences de la nature toute sa vie, obtenant d'elles les informations qu'il allait utiliser plus tard pour développer de façon concrète l'usage de la modeste cacahuète. Et il y en eut d'autres, beaucoup d'autres. En fait, dans toutes les cultures et tous les pays, les légendes abondent dans la description de fées et d'anges en train de guider et d'aider l'humanité à évoluer. Loin d'être un évènement isolé, la vraie magie de Findhorn est la chance offerte à l'humanité de coopérer directement avec les intelligences de la nature.

L'étape suivante dans cette évolution se produit à Perelandra. Alors que Findhorn est devenue une base opérationnelle fixe que l'on peut visiter, solide et comme immuable, Perelandra est la démonstration d'un processus que chacun peut utiliser où qu'il soit. Et ce processus a été développé à partir d'un autre jardin "très" spécial.

Situé à une centaine de kilomètres au Sud-Ouest de Washington, tout près d'un bourg appelé Jeffersonton en Virginie, Perelandra (un ensemble de 22 hectares avec pairie, bois, ruisseau et jardin) est devenu un "Centre de Recherche sur la Nature", un laboratoire à ciel ouvert dédié à la découverte des lois de la nature ainsi que des principes et dynamiques qui sous-tendent la relation co-créative entre l'humanité et la nature. En tant que centre de recherche, il n'est accessible au public qu'une fois par an et de temps en temps pour des ateliers ou des stages (ce n'est plus le cas en 2009 – NDT).

La force motrice de tout ce qui se passe à Perelandra s'appelle Machaelle Small Wright. Dans un article paru dans "The Virginia Biological Farmer", elle est présentée comme une femme qui parle aux anges et aux fées,   qui se fait obéir par  les taupes, qui n'a aucun problème d'insecte de quelle que sorte que ce soit dans son jardin et qui d'une façon générale semble être associée à des choses impossibles et étonnantes. Avec l'aide d'êtres spirituels qui travaillent avec elle, selon ses mots, Mme Wright a écrit un mode opératoire très simple intitulé "Perelandra Garden Workbook – A Complete Guide to Gardening with Nature Intelligences" (en français : Le Jardin de Perelandra, un Guide complet pour jardiner avec les intelligences de la nature – Editions co-créatives – NDT). Plus qu'un manuel, ce livre illustre comment chacun est à même de faire comme Mme Wright, voire plus. Même si une présentation de Perelandra est une présentation de son fondateur, le vrai "Perelandra" est ce que cela offre comme modèle, une méthode à utiliser bien plus qu'un lieu à visiter. Ce livre en main, on découvre que l'idée de coopérer de façon co-créative avec la nature est désormais un phénomène aussi concret et accessible que la porte d'entrée de sa maison.

Ce livre est le résultat de 13 ans de prises de notes minutieuses, témoignant de chaque nuance de croissance et de transformation dans les royaumes de la nature avec qui Mme Wright affirme travailler, une montagne de faits répertoriés dans deux ordinateurs. Au cours des trois premières années sur sa propriété, elle y a consacré 12 heures par jour, 7 jours sur 7. Maintenant, quand le jardin est planté au printemps (en général autour du 1° Juin), elle ne passe que deux à trois heures par semaine à s'occuper de ce qui peut être nécessaire jusqu'à la fin de la saison. Cela lui permet de consacrer son temps à la communication avec les intelligences de la nature, à faire des expériences et à tester et mener à bien différents projets.

Quand on la rencontre, on voit une femme qui a les pieds sur terre, une dame pas du tout fofolle, très éloignée des archétypes "spirituels". Sa peau, son allure plutôt décontractée, sont les signes évidents d'une personne qui passe énormément de temps dehors et que le travail physique n'effraie pas. Son enthousiasme est contagieux et son discours aussi terreux que le sol qu'elle travaille. Elle se voit comme un technicien de recherche et un interprète en information, pas comme un médium en train de canaliser des messages de l'au-delà. Métaphysique et occulte sont des mots qui l'ennuient, aussi elle ne les utilise pas. Elle préfère d'autres moyens pour démystifier ce qu'elle fait.

" Il y a six cent millions de bouquins pour vous dire comme toucher à l'illumination, mais aucun ne vous dit quoi faire quand vous y êtes arrivé", dit-elle. Pour elle, les secrets de la spiritualité et du succès sont la paresse et le courage : la paresse de ne pas suivre sa voie et le courage d'agir quand c'est nécessaire. "Je n'ai aucun don particulier. Tout ce que j'ai, c'est du courage. Si je dois transmettre à autrui ce que j'ai appris, j'ai besoin de savoir de quoi je parle. J'accepte cette responsabilité : faire ce que je fais bien."

La star de son travail, c'est le jardin, point focal dans son étude de ce qu'elle présente comme la réalité vibratoire derrière la forme. Appelé "jardin d'énergie", elle dit qu'il est le résultat d'un processus co-créatif entre les esprits de la nature (que certains appellent des fées), les devas (terme sanskrit signifiant "être de lumière", être divin ou ange) et elle. Pour elle c'est une réalité, elle définit les devas comme "des intelligences globales toujours en connexion avec Dieu et partie intégrante du Schéma Originel". Elle les présente comme des architectes de la création, dont le rôle est de maintenir dans la perfection les énergies nécessaires à l'élaboration de tout ce qui se manifeste dans la forme. Elle explique que si chacun de ces devas est un spécialiste en charge du développement d'une espèce particulière, il est aussi potentiellement à même de révéler "Le Grand Tout". En toute logique, le "Deva des Carottes" est le même architecte pour toutes les carottes présentes sur Terre. Prendre contact avec le deva des carottes, quels que soient le lieu, la langue utilisée ou la personnes qui s'exprime, revient à rencontrer le même deva.

"Au début dans le jardin, j'ouvrais une méditation chaque jour et demandais une connexion avec le plan dévique. Un deva se présentait à ma conscience et annonçait qui il était. Il me donnait alors des instructions : quel type de graine acheter, quel engrais utiliser, l'espacement entre les graines, quand et comment éclaircir les semis. Quand un deva venait à ma conscience, je remarquais qu'il avait sa propre vibration. Au bout d'un moment, je pouvais les reconnaître. Ceci m'a amenée à développer la capacité à contacter chaque deva en "branchant" mon attention sur son schéma vibratoire. C'était comme si je me trouvais en face d'un gigantesque pupitre téléphonique et qu'il me fallait apprendre à faire toutes les connexions. Une fois que je l'ai appris, je pouvais "appeler" comme recevoir des appels."

Mme Wright fait une différence entre les devas et les esprits de la nature, même si tous sont des corps énergétiques de lumière pure, selon elle. Elle dit que les esprits de la nature ont une vibration plus dense car ils sont dans une plus forte proximité avec la Terre. " Ils sont les ouvriers qui s'occupent du bien-être des plantes, des animaux et des minéraux. Ils entretiennent l'assemblage entre la forme et les énergies de vie contenues dans cette forme... Si je souhaitais modifier la couleur d'une carotte, je demanderais ce changement au niveau dévique car cela fait partie du schéma général de la carotte. Mais si je veux préparer le sol et m'occuper parfaitement de la carotte, je vais me tourner vers les esprits de la nature parce que ce sont eux qui s'occupent directement de la forme existante." Mme Wright dit qu'elle perçoit parfois les esprits de la nature comme des boules d'énergie qui l'accompagnent quand elle marche.


Après notre premier voyage à Perelandra, mon mari et moi avons parcouru en voiture la campagne de Virginie pour aller voir d'autres jardins, regarder les champs, les arbres et les plantes dans leur développement. C'était l'été 1985. Cette partie de la Virginie a été décrétée officiellement zone sinistrée par la sècheresse cette année-là, une situation qui s'est poursuivie en 1986. Nous avons pu voir que le sol, essentiellement d'argile, était compacté et dur, et que la croissance des végétaux était stoppée et très faible. Il y avait bien quelques jolies fleurs près de certaines maisons, mais personne n'avait vraiment pu faire un jardin et les récoltes étaient très éparses.

Il est vrai que Mme Wright utilise une paille épaisse  pour maintenir l'humidité, il est vrai que mon "travail d'amour" peut souvent provoquer des miracles, mais rien de cela ne peut vraiment expliquer ce qui se manifestait dans le Jardin de Perelandra : des roses quasiment parfaites, des légumes ayant grandi sans aucun produit chimique ou organique, aucun souci de prédateur ou d'envahisseur à aucun moment, frais d'entretien très faibles, pas d'apport humide dans une zone de sècheresse et une énergie vibratoire inattendue qui imprégnait ce lieu. L'énergie  y était comparable à ce que j'avais ressenti dans le Sequoia National Forest (parc national des séquoias) et dans le Four Corners Area, sensation que je décrirais comme une ascension accélérée.

A l'opposé de la campagne environnante, le sol de Perelandra est riche, humide, souple et porte une vie abondante et saine. Selon les commentaires de voisins, le Jardin de Perelandra paraît toujours splendide quelle que soit la saison et il semble toujours fournir une bonne nourriture. Personne ne croit dans ces histoires de devas et de fées mais personne ne peut expliquer comment ce jardin se distingue tant des autres. "Ce n'est pas normal" dit l'un, "Etrange" dit l'autre, "Oh c'est une bonne jardinière" ironise une dame. Quand j'ai commencé à sonder des personnes ayant participé à un de ses ateliers, la plupart des commentaires étaient enthousiastes, du genre : "J'ai essayé ce qu'elle nous a recommandé, et ça marche". "J'ai lu son bouquin et je me suis dit que si elle peut le faire, alors moi aussi. Et je l'ai fait". "Je vis dans une résidence avec des appartements, sans jardin. Mais j'utilise vraiment certains de ses outils pour améliorer ma vie". " Rien de tout cela n'a un sens pour moi" et "Je suis venue ici juste pour me rapprocher de la nature."

Mme Wright me raconte qu'elle a des voisins âgés qui font leur jardin depuis 60 ans et qui perdent toujours entre 25 et 30% de leurs choux chaque année à cause du vers du choux, malgré tous les traitements chimiques employés. A Perelandra, je n'ai vu que quelques feuilles éliminées parce qu'elle étaient trop épaisses. Aucune tête de perdue, je n'ai jamais remarqué de trous d'insectes dans les choux, seuls des engrais naturels ont été utilisés, selon des "instructions" précisant quantité et mode d'application pour chaque plante. Bien que je n'ai été le témoin visuel ou auditif de quiconque ayant invoqué des esprits de la nature ou des devas au cours des différentes visites que j'y ai faites, je dois admettre qu'il se passe quelque chose de très différent à Perelandra.

La différence la plus évidente tient d'abord à la forme unique du jardin : 18 cercles concentriques donnant un aspect de spirale et un rond plus petit, parfaitement dessiné, un peu à l'écart. Les cercles sont situés au centre d'un carré d'herbe parfaitement tondu, entouré d'une prairie et de bois. La chalet de Machaelle fait face au jardin dans sa plus grande largeur et l'abri à outils est sur le côté. Entre les deux bâtiments se trouve une porte d'entrée et une zone ceinturée par une corde, zone de taillis préservée baptisée "Annexe aux Elémentaux", sorte de "foyer" réservé aux esprits de la nature avec lesquels Mme Wright travaille. Plusieurs abris destinés aux créatures du jardin émaillent la propriété. 
Au bout d'un chemin boisé, après quelques tas de bois et un aire pour le chien, se trouve la maison principale où Clarence Wright, le compagnon de Machaelle, vit. Ensuite se trouve un petit bureau de forme octogonale, muni d'un toit pointu et haut ressemblant à un teepee amérindien (il y en avait en fait un à cet endroit quelques années auparavant).

Par le truchement de sa société – Perelandra Ltd - Machaelle Wright a publié plusieurs livres et créé des élixirs floraux.

L'histoire de Perelandra, c'est l'histoire de Machaelle et de Clarence. Au cours d'une cérémonie catholique spéciale, en 1971, Machaelle est devenue la partenaire de Clarence Wright, ex-prêtre Pauliste devenu un professionnel de l'électronique. Selon Clarence, un partenariat, à l'inverse d'un mariage, se crée quand deux personnes indépendantes peuvent se relier et s'aider l'une l'autre tout en préservant des identités séparées. " On ne crée pas une troisième identité, mais nous nous aidons mutuellement à grandir et à apprendre." Même si leur partenariat a pu être frustrant par moments, Clarence souligne que leurs alliances sont un symbole de la relation évolutive qu'ils partagent. Très admiratif de Machaelle, Clarence n'a aucune retenue dans son approbation pour leur mode de vie et leur lieu de vie, ce qui signifie concrètement des trajets de 90 minutes aller et retour quotidiens pour aller à son travail à Washington (ce qui n'est plus le cas aujourd'hui – NDT). "J'apprends énormément ici. Perelandra et Machaelle ont été comme des enseignants pour moi en m'ouvrant à mon intériorité et à l'univers. Je partage cette aventure et c'est merveilleux pour moi." C'est Clarence qui fait le plus souvent la cuisine à la maison (sa spécialité : les spaghettis végétaux) et il semble apprécier beaucoup son rôle d'homme à tout faire ainsi que d'être le photographe de Perelandra. Il aide Machaelle un peu mais il dit qu'elle assume 90% du travail au jardin.

Quand ils ont investi la propriété au tout début, ils ont vu les dégâts causés par des abattages d'arbres inadaptés et c'était plus important que prévu. Soigner ce lieu passait par se soigner eux-mêmes. Créer l'harmonie et l'équilibre était un travail tant intérieur qu'extérieur. Comme leurs conflits personnels ressemblaient beaucoup à l'histoire de Perelandra, le livre de C.S. Lewis, ils choisirent le titre de cet ouvrage pour baptiser leur terrain. Le "Perelandra" de Lewis signifie Venus, planète de perfection où l'auteur utilise le conflit entre deux terriens, l'un représentant le bien, l'autre représentant le mal, pour illustrer à quel point l'équilibre entre les deux est la source de perfection véritable, l'harmonie du tout. L'histoire inspira Machaelle et Clarence et les encouragea beaucoup.

Pendant les deux premières années, Clarence travailla de nuit. Machaelle restait donc seule. Elle se souvient combien cela pouvait être inconfortable pour elle la nuit, Elle percevait une espèce d'énergie venant des bois, quelque chose qu'elle ne parvenait pas à rejeter ou identifier. " Les nuits de pleine lune étaient les pires " se souvient-elle. Un jour, elle commença à entendre des voix. Elle finit par en parler à Clarence qui, loin de la traiter de folle, lui rappela que une lettre de St Paul aux premiers Chrétiens assurait que les voix ainsi perçues venaient de Dieu. Clarence lui suggéra d'apprendre à méditer, ce qu'elle fit rapidement, même si elle n'utilisa aucune méthode particulière hormis de s'allonger, de fermer les yeux, de se détendre et de s'ouvrir à tout ce qu'elle pouvait ressentir sur le moment. Ce fut pour elle l'opportunité d'explorer différents niveaux de conscience et d'aller à la rencontre d'autres dimensions de la réalité. Elle eut plusieurs enseignants mais ce fut Clarence encore une fois qui lui servit de catalyseur. Un jour, en faisant des courses, il lui tendit deux livres qui selon lui l'intéresseraient : The Magic of Findhorn (La Magie de Findhorn) et The Findhorn Garden (Le Jardin de Findhorn). Ces deux livres ont changé sa vie.

Mme Wright dit qu'elle a reçu des enseignements très importants de la part des esprits de la nature. Elle croit que le syndrome du "j'ai peur de faire du mal à un elfe" peut freiner la communication et le progrès  quand on a découvert la réalité des intelligences de la nature. " Beaucoup de gens craignent de tenter quoi que ce soit de crainte de froisser un elfe" dit-elle en riant. Elle bougonne quand des gens commencent à décrire les esprits de la nature comme des petits êtres doux et mignons. " C'est faux. Ils ne fonctionnent pas à l'amour sentimental. Leur amour est l'amour de l'action et du but et c'est ce type d'amour qu'ils attendent de nous." Pour étayer son discours, elle raconte qu'elle a animé un atelier dans une communauté spirituelle où on lui demanda ce qui pouvait être fait pour un gros buisson mal en point. Apparemment cet arbuste venait d'être transplanté et dans le déroulement du processus de transplantation, les membres de la communauté se réunissaient chaque soir autour de lui en joignant leurs mains et lui envoyaient de l'A.M.O.U.R. Eh bien au lieu de fleurir, il dépérissait. " Je suis allée voir l'arbuste, j'ai regardé le sol, les feuilles, puis je me suis retournée vers eux et je leur ai dit : Essayez de l'arroser ! Voilà de l'amour en action."

J'avais à coeur de lui demander pourquoi chacun devrait se soucier de faire l'effort d'intégrer une approche du jardinage (ou agricole) totalement différente, tout particulièrement quand on voit d'autres méthodes qui ont fait leurs preuves et qui donnent de bons résultats.

"Je suis très sensible à cette réflexion" dit-elle. " Je me suis posé la question. Je suis d'ailleurs d'autant plus sensible à cette interrogation quand je suis au jardin depuis trois jours à faire quelque chose qui d'habitude prend moins d'une heure pour n'importe quel jardinier. Je me suis vue redresser ma carcasse douloureuse, lever les yeux au ciel et avoir des débuts de doutes sur ma santé mentale. Mais quand chaque année je vois mon jardin devenir radieux malgré une météo épouvantable et que je peux observer les jardins avoisinants en train de lutter, voire de dépérir dans les mêmes conditions, il faut bien avouer que je me pose la question de moins en moins souvent. Le jardin de Perelandra prospère grâce à l'approche qui m'a été enseignée et à la conscience et la réalité sous-jacentes qui motivent cette approche."

"Mais," ajoute-t-elle, "toutes les connaissances qui ont contribué à établir votre sens de l'ordre, de la stabilité et de l'équilibre (en d'autres termes la logique aussi bien dans votre jardin que dans votre vie), toutes ces connaissances seront continuellement mises à l'épreuve si vous utilisez cette méthode. En fait, le jardin devient une métaphore pour l'ensemble de votre vie. Dès que vous commencez à changer votre approche du jardin, vous êtes amené à transformer votre approche de la vie." Ce défi retint mon attention.

Chaque année, le jardin de Perelandra change graduellement. Au début, il était rectangulaire avec des rangées rectilignes, normales. Puis des cercles concentriques ont remplacé les rangées traditionnelles. Le petit rond extérieur a été ajouté pour être réservé aux tomates, il fut dit en effet à Machaelle que les tomates n'étaient pas compatibles avec les autres végétaux et devaient être isolées.

Chaque année, après le solstice d'hiver, elle entame le processus de prévision pour l'année suivante. L'information qu'elle dit recevoir des devas est détaillée et précise, elle tient compte du timing exact du quand planter quoi ainsi que la proportion de chaque plante par rapport à l'ensemble du jardin. "Je dépends des devas et des esprits de la nature pour m'indiquer la direction et le processus jusqu'au pas à pas que je dois respecter. Sans cela, je serais dans la même interrogation que n'importe qui."

"Rien de tout cela n'a de sens tant que vous ne percevez pas la façon dont tout cela se trame avec les schémas météo et les éclosions d'insectes dans le cours de l'année. La nature travaille constamment à l'équilibre entre des choses comme insectes, météo, climat, sol, oiseaux, éclosion des œufs, et ainsi de suite. Les autres méthodes de jardinage ne parviennent pas à ce degré de fiabilité. Comme tout ce qui nous entoure, ces traditions doivent évoluer elles aussi. Nombre de nos techniques de jardinage viennent des peuples indigènes. Le Guide du Semis, par exemple, est une technique d'origine américaine. Du fait de l'impact de l'écologie actuelle, ces informations ne sont plus d'actualité, elles doivent être mises à jour.

Les idées de Machaelle Wright sont déroutantes. Elle nous explique : "Pour moi, ce qui fonctionne le mieux, c'est un jardin qui change constamment, qui soit libre de respirer à sa façon et à se développer sans un code de règles. Un jardin bio va d'une façon sélective porter atteinte à certaines formes de vie, alors qu'un jardin énergétique ne lutte contre rien et inclut tout. Ça m'a pris du temps pour comprendre ça. J'ai fait un écriteau avec écrit dessus : TON JARDIN EST INCLUSIF. Je l'ai accroché dans ma cabane pour pouvoir le lire tous les jours. Quand les animaux et les insectes ont compris qu'ils n'ont pas à lutter pour survivre, qu'ils sont libres de vivre et de se développer, leurs agressions disparaissent et ils s'autorégulent. Par exemple, il y a quelques scarabées du Japon qui se collent toujours à la même fleur et ils laissent les autres fleurs tranquilles depuis qu'ils ne se sentent plus menacés d'extermination. Un insecte mort est un insecte mort, qu'on l'ait tué avec du bio ou autre chose. Il a fallu que je trouve autre chose."

Du fait de cette décision personnelle, Perelandra est devenu un sanctuaire pour la vie et le soin. Dix pour cent de tout ce qui est produit est réservé aux besoins des animaux et des insectes et des espaces de terrain sont laissés tel quel à leur profit, sans être transformés ou touchés.

Machaelle Wright croit que bon nombre de jardins et de fermes dans le monde ont été désertées par les esprits de la nature. De ce fait, elle a la sensation que le niveau d'énergie normalement contenu dans toute forme est au plus bas. "Ce à quoi nous touchons est finalement une forme vide, de la nourriture sans lumière. Nous mangeons constamment de la nourriture vidée de son énergie. Et ça n'a rien à voir avec les chaînes de fast-food. C'est notre manque de compréhension à propos de ce qui se passe en nous et à l'extérieur de nous qui met dans l'embarras. Du fait de notre ignorance, nous n'avons pas seulement compliqué notre propre processus, nous avons affecté aussi le processus de tout ce qui nous environne."

Je ne peux pas m'empêcher de réfléchir à quel point le climat et la météo ont pu se modifier et comme la pollution concerne la planète entière. Les choses évoluent et je fais de plus en plus attention à ce que Machaelle Wright souligne quand elle affirme combien il est insensé de vouloir encore et encore appliquer les mêmes recettes pour obtenir les mêmes résultats. "Ce n'est tout simplement pas possible" dit-elle. En élargissant la perspective sur cette question, elle fait appel à une communication qu'elle a eue du Deva de la Planète Terre.

"Permettez-moi de vous donner une autre information. Les impulsions de l'Ere du Verseau sont déjà en position dans la planète. Visualisez, si vous le voulez bien, la planète comme un réservoir de ces impulsions : de l'Energie stockée sous la surface de la Terre. L'énergie est déposée au sein de l'âme même de la planète, dans son coeur. Elle est destinée à être libérée et intégrée dans tous les plans de vie de la planète. Maintenant, figurez-vous un petit jardin co-créatif à la surface de la planète. Voyez-le comme une fenêtre sur l'intérieur de la planète, vers son âme. A mesure que le jardinier oeuvre à l'alignement de son jardin sur ces nouvelles dynamiques, voyez comme cette fenêtre s'ouvre et comme l'énergie contenue dans le coeur de la planète se déplace doucement vers cette fenêtre et se libère à travers elle. Accueillez la sensation de libération et de liberté au sein du coeur de la planète à mesure que l'énergie s'épanche et s'élève. Et voyez maintenant comme les actions et la forme vivant sur la surface de la Terre changent rapidement pour réfléchir l'impact de cette énergie qui a maintenant fait surface."

" Ce qui existe à la surface a commencé sa connexion et son intégration au coeur et à l'âme de la planète qui a son tour est totalement alignée avec le coeur et la force de l'âme de l'univers. Chaque homme peut faire l'expérience de consciemment modifier ses perceptions de telle façon que l'énergie de son coeur profondément enfouie est d'un coup relâchée et autorisée à faire surface. De même, la Terre peut connaître cette expérience quand chaque humain ouvre une fenêtre par le biais du schéma d'un jardin-cocréatif vers le coeur et l'âme de la planète."

" Il n'est pas suffisant de parcourir la planète dans un état d'amour bienveillant à son égard. L'état humain seul ne peut créer les passerelles à travers lesquelles l'énergie centrale de la planète pourra s'exprimer. Cela doit se passer à travers l'esprit humain, sa conscience, associée à une action adaptée et conjointe. Une fois libérée, l'énergie centrale de votre planète va imprégner toute réalité vivante sur la planète et aider le processus évolutif de la planète et de ses habitants en parfait accord avec celui de l'univers, en harmonie avec l'ère du Verseau."

"Je comprends parfaitement que je suis en train de vous parler de l'alignement d'une planète avec des changements profonds touchant la planète et l'univers, tout ça face à un jardinier qui s'occupe de son petit jardin. Et c'est bien ce que je veux faire. On n'a pas besoin d'attendre le consensus d'un groupe de gens pour bien faire. Il n'y a qu'à avancer, faire résonner la note du changement et suivre cette intonation par une action parallèle. Chaque jardinier, dans le rôle de Celui Qui Sait, portera la graine à son coeur et la sèmera dans la terre. Le fruit de cette plante sera un Soleil ailé et rayonnant au-dessus de sa tête et un nouveau royaume sera ancré sur Terre. Je peux vous promettre que c’est ce qui vous attend

Perelandra est vraiment un modèle, un exemple de ce que chacun peut faire n'importe où. C'est une méthode, pas un lieu, une opportunité, pas un évènement. Ce que cela nous apprend est d'une valeur inestimable même pour ceux qui ne jardinent pas.

Quand j'ai quitté Perelandra lors de mon dernier passage, j'ai gardé en moi ce défi que Machaelle m'a proposé : "Vous êtes le créateur de votre jardin, même si vous vivez dans un appartement. Il vous revient de poser vos propres questions et d'agir avec les réponses que vous recevez. Ne craignez pas de faire des erreurs. Considérez ce que faire votre jardin vous enseigne et appliquez le à votre vie."


Traduction : François Deporte – copyright 2009

Bibliographie : ouvrages de Machaelle Small Wright – Editions Co-créatives
Le Jardin de Perelandra (Tome 1 et Tome 2) – Vivre Conscient du Divin en Toute Chose – MAP – Guide Complet des Essences Florales de Perelandra (et d’autres titres en Américain)

De Peter Tompkins et Christopher Bird : (assez rares à trouver maintenant)
La Vie Secrète du Sol - La Vie Secrète des Plantes

Livres sur Findhorn
Quelques titres en Français de Eileen Caddy et de Dorothy Mac Lean
Nombreux titres anglo-saxons.

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