Ces grands points ne sont pas de la littérature, et concernent des cconseils pour des agriculteurs ( et non des jardiniers)
Propositions Pratiques pour l’agriculture biodynamique
1. respecter le sol
La santé des plantes passe par une bonne structure des sols , une alimentation à travers l’humus du sol , l’absence de stagnation d’eau, une bonne oxygénation…
Cela suppose plusieurs conditions : pas d’herbicides ( cf vie du sol), Ph suffisant, richesse minérale minimum pour amorcer la pompe, Rotations , travail du sol adéquat, couverts
végétaux….
2 améliorer et vivifier le sol
Toute bonne prairie, bien conduite, enrichit le sol en matière organique – et nous essairons surtout en humus colloïdale-, améliore la structure, enrichit en azote (par les légumineuses),
approfondit le sol.
gestion des patures et enherbements
couvert diversifié avec graminées , légumineuses – en particulier trèfle blanc
stimuler le développement des légumineuses ( préparats biodynamiques 500 et 500 préparé, valériane pulvérisée, fertilisation organique animale…)
gérer la fauche et le paturage pour enrichir la sol par les racines qui se dégradent : environ début épiaison ( avant le système racinaire n’a pas eu le t emps d’aller assez profond, après cela
devient trop dur, trop cellulosique pour se transformer en bon humus colloïdal)
développer la production de matière organique par l’irrigation , la gérer pour approfondir l’enracinement
encourager un approfondissement de l’enracinement (conduite, mode d’irrigation, 500 …
Nous pouvons aussi envisager le même genre d’amélioration avec des engrais verts ( notamment quand l’eau manque), et en détruisant périodiquement - l’enherbement.
utiliser les vertus du 500 préparé et du 501
le 500 est un « architecte pour la structure du sol »(Pierre Masson) : dans une voûte, les matériaux comptent, mais aussi l’organisation et la forme ( podolinsky)
Le 500 est un « éducateur du système racinaire des plantes » (Pierre Masson)
le 500 est « un modèle pour l’humus »(Pierre Masson) . Le 500 et le 500 préparé sont des colloïdes « transsubstanciés » (A. Podolinsky), humiques, porteurs de dynamismes – sans parler les
microorganismes contenus.
Le 501 augmente « l’effet lumière », et améliore la pousse de l’herbe : cela contribue à la santé de l’ensemble et à la qualité des matières organiques ( herbe fauchée, système racinaire
correspondant) qui enrichiront le sol
Il s’agit d’utiliser ces propriétés de façon cohérentes avec les autres pratiques agricoles travail
apports calciques si nécéssaire : directement au sol, ou à travers le compost
Fertilisants : c’est d’abord le compost. Il peut être enrichi en phosphore ou autre. Il faut éviter les engrais trop solubles.( mais cela rend le sol « fainéant »).
Le compost
Rappelons qu'un (bon ) compost biologiquement actif a des vertus protectrices vis à vis de certaines maladies ( prouvé pour la fonte des semis, "alteragri octobre 03, travaux du FIBL")
Le but du compost biodynamique est d’apporter un humus colloïdal, contenant beaucoup de carbone, voir ayant été enrichi en azote ( provenant de l’air, grâce à des microorganismes)( podolinsky) .
Cet humus outre son effet sur la structure du sol et sa réserve en eau, pourra nourrir les plantes (– sans forcément passer par la minéralisation !)
Le compost biodynamique amène l’influence des préparations du compost ( 502 à 507) au sol et aux plantes. C’est aussi un ferment.
matériaux de base un compost n’est pas une poubelle. Choisir des matériaux de qualité. Des pailles traitées se dégradent moins bien . Rien ne vaut un fumier bovin.
humidité un bon degré d’humidité au départ est déterminant . « on peut l’apprécier en serrant fortement dans sa main une poignée de matière première : cela ne doit pas couler,
mais du liquide doit poindre »
méthodes pour mettre en tas Un épandeur avec une tôle pour donner la forme est bien adapté. On peut aussi utiliser simplement la fourche de tracteur. « le tas ne devrait pas
dépasser1,3 métre de hauteur, et 1,5 à 2 mètres de large »(P Masson)
température on souhaite ne pas dépasser 50 degrés, il faut surveiller avec un thermomètre. Ce n’est pas une cuisson, on a affaire à la chaleur d’un être vivant. Pour refroidir :
ajout de terre dès le départ, arrosage sur le haut du tas mis en forme concave, voir ouverture du tas pour refroidir.
introduction des préparations du compost 502 à 506 sont colloïdal – si bien fait- Les introduire mélangé à du 500 dans des trous de 10 à 12 cm de diamètre, tous les 2
mètres, d’un bras de longueur. Au fond du trou on aura préalablement mis du vieux compost, on refermera avec de la terre ou terre/ compost.
Le 507 ( extrait de valériane) est mis les trous prévus, le reste est pulvérisé sur le tas
le compost a besoin d’une peau pour que le soleil ne dégrade pas les précieuses bactéries notamment dans la bouse, pour que l’eau ne noie pas, pour limiter les échanges gazeux… il
faut une couverture : un peu de vieux compost ou de terre plus de la paille ou du foin est O.K.
retournement ? en général ,le mélange de départ est suffisant, si les bonnes proportions (cellulose/ azote ; végétal/ animal), la bonne humidité, la bonne aération ( taille des
morceaux..) sont corrects
Moment d’utilisation attention à ne pas trop attendre . les vers doivent encore être actif. 3 à 4 mois peuvent être suffisant. On recherche une structure grumeleuse et colloïdale.
Les brins de paille doivent encore être visibles mais s’écraser sous les doigts. La couleur doit être homogène
« le compost doit accomplir les 4 étapes de son évolution :
- phase thermique
- phase des champignons et bactéries ( coprins souvent visibles)
- developpement de la micro et de la macro-faune ( cloportes, collemboles, etc…)
- phase des vers de compost »
apport le mieux est de l’incorporer superficiellement. Sinon l’apporter dans l’herbe à un moment où ce n’est pas trop sec ( automne plutôt, hiver, printemps)
.
3) laisser les êtres vivants s’exprimer (podolinsky)
Mode d’élevage, mode de sélection génétique, type d’arbres fruitiers… Attention aux arbres trop serrés, trop taillés, trop brutalisés…
« tout être vivant, qu’il soit humain, animal ou végétal, a besoin d’exprimer son individualité » Podolinsky
4) Soigner avec les préparats biodynamiques :
Le 501 a un effet « lumière » : augmentation de la photosynthèse et de l’évapotranspiration, de la protéosynthèse et des sucres , arômes, couleurs, brillance. Il resserre les tissus trop lâches,
trop aqueux. Il stimule la circulation des sèves et la formation des protéines. Il s’utilise de façon renforcée dans les périodes pluvieuses, ou manquant d’ensoleillement.
500 ou 500 préparé 501
aspect humus colloïdal, bonne odeur poudre blanche très fine
matériaux d’origine 500 :bonne bouse compostée dans corne de vache mise en terre de la St Michel à après Pâques cristal de quartz transparent réduit en poudre,
mis dans une corne de vache enterrée de Pâques à l’automne
stockage boite spéciale, isolée par de la tourbe sèche, en contrôlant l’humidité du préparat dans récipient en verre, au soleil de l’est, couvercle non fermé
moments d’utilisation automne et printemps (sol suffisamment tiède et humide) . Au moment du travail du sol et des semis. Herbe : 10 cm de haut ; quand le
« geste de la plante » est commencé : début montaison en ceréales, quand la salade commence à pommer… ( éviter les périodes de floraison et de nouaison)
nombre d’utilisation apprendre à sentir les besoins ( à priori : un ou 2)) apprendre à sentir les besoins, minimum un par an
dates d’utilisation éviter les jours « pointillés » du calendrier des semis, jour pas trop chaud et sec. Pas sous la pluie éviter jours pointillés, pas
sous la pluie, plutôt une journée lumineuse. Si possible jours adaptés à la plante ( racine / betterave, fruit/céréales…)
dynamisation cuve très propre, brassage à la main ou à la machine .Brassage vigoureux. dynamiseur à l’extérieur. eau de « qualité » idem, si possible dynamiseur
exposé au soleil levant si dynamisation le matin
dynamisation 1 heure précise 1 heure précise
durée pour la passer 2 heures ( le + vite possible ) 2 heures (idem)
température de l’eau à dynamiser environ 35 °C (corps humain) environ 35° C
(suite) 500 et 500 préparé 501
quantités 100 à120 g/ha dans 40 à 100 litres d’eau ( sans chlore) 4 à 10 g /ha dans 40 à 100 litres d’eau
heures de dynamisation et de pulvérisation soirée, après 15 h GMT, si possible matin au lever du soleil
en soirée avant récolte des racines, après la récolte des pommes…
matériel et mode de pulvérisation pulvérisateur spécial préparations biodynamiques, grosses gouttes, pompe à membrane, basse pression ( 0,5 à 0, 8 bar maximum)
pulvé spécial préparats, fin brouillard, à haute pression ( 4 à 12 bars). ( pas de cuve synthétique ayant contenu des pesticides)
objectifs premiers vivifier le sol, enraciner plus
. Il sera pulvérisé lors de tout semis effet santé,.effet lumière. Après récolte, à l’automne, le 501 favorise le murissement des feuilles et le passage de réserves des
feuilles au bois.
objectifs seconds stimuler circulation des séves, préventif pucerons, lutte contre sécheresse Moindre verse en céréales, sèves moins appétentes pour
pucerons et acariens, anticryptogame
Attention à la chaine de qualité de tous les maillons concernant les préparats. On peut facilement inactiver les préparats, surtout le 500.
Les horaires matin et soir sont liés à la circulation des sèves et à la « respiration de la terre »
« De 3 heures(solaire) à midi, la terre expire ses forces : c’ est une sorte de printemps et d’été journaliers. Et de 15 heures à minuit, la terre inspire ses forces.. Le matin correspond au
printemps et le soir à l’automne. Entre 12 heures et 15 heures, chaque jour, surtout en été, la nature « fait la sieste », ne rien faire durant cette sieste. » (Xavier Florin dans « jardiner avec
la lune et le ciel »
le matin évaporation, les fumées montent haut dansle ciel, les brumes montent jusqu’à midi le soir condensation ( serein = rosée du soir), les cheminées tirent mal
9h : pression atmosphérique maximale
15 h : pression atmosphérique minimale, maximum de glucose dans les plantes, minimum de glycogène dans le foie
21 h : pression atmosphérique maximale
3 h : pression atmosphérique minimale, maximum d’amidon dans les plantes, , maximum de glycogène dans le foie)
Il n’empêche que l’on peut utiliser le 500 à d’autres moments, surtout si on l’incorpore en même temps qu’un travail du sol
Préparats du compost 502 503 504 505 506 507
base Fleurs Achillée millefeuille Fleurs Camomille matricaire Ortie (partie aérienne) Ecorce de chêne
Fleurs pissenlit Fleurs de valériane
élaboration saucisson de camomille Compostage un an en terre Compostage spécial Compostage
spécial Jus de valériane
utilisation Dans compost idem idem idem idem Idem + pulvérisation
La conservation : dans des récipients en verre ou grès, eux- même dans une boite en bois doublé de tourbe séche . il faut vérifier l ‘humidité qui à rajouter quelques gouttes d’eau. Le mieux est de
les commander au dernier moment avant utilisation.
Idéalement on insère les préparations le jour même de l’édification du tas de compost... La valériane est mise dans de l’eau tiède, brassée pendant 10 à 20 minutes, puis – en plus de 2 cuillère à
soupe pour les trous réservés- est pulvérisée finement sur le tas
5) protéger contre maladies et insectes ?
Pour Podolinsky, l’agriculteur biodynamique doit être un « constructeur », un constructeur de santé, grâce à l’enrichissement du sol et aux préparations biodynamiques ( En allemand : bauer= paysan
; bauern = construire).Cela n’empêche pas qu’il faudra aussi protéger certaines cultures comme les pommiers, dans certaines situations climatiques et autres et ce d’autant plus que le sol n’a pas
la structure et la qualité d’humus adéquat.
En arboriculture fruitière l’ allègement du programme de protection sera progressif et résultera des améliorations constatées.
On utilisera donc les outils de l’agriculture biologique habituelle, en essayant de respecter le plus possible la cuticule des feuilles : pas de savons, attention aux huiles.
Côté insectes, on peut tester des décoctions d’absinthe ou de tanaisie, d’ail et d’oignons (répulsifs), la tisane d’ortie de 24 heures ( pucerons)…Une préparation complexe à base d’ail et
solution hydo-alcoolique de propolis agirait contre le carpocapse. ( voir doc Pierre Masson , source Podolinsky).
Certains utilisent les dilutions homéopathiques D8, à partir des cendres de l’insecte à réguler ( Maria Thun)
.La « technologie » des préparats et des plantes a des ressources à développer et à utiliser à bon escient.
6) prendre des mesures écologiques
Il s’agit de favoriser la diversité et le nombre des auxiliaires ( oiseaux, chauve-souris, insectes…) par la plantation de haies diversifiées, avec fleurs et baies, comme brise-vent, abri à oiseaux
et insectes, par des fleurs dans l’enherbement produisant nectar, pollen, sur une longue période pour favoriser l’alimentation d’un certain nombre d’auxiliaires, par des nichoirs à oiseaux ( éviter
pies, moineaux, grives…), par l’introduction de ruches…
7) divers :
Calendrier biodynamique : S’en servir surtout pour observer. Eviter les jours néfastes ( « pointillé ») pour les préparations, le travail du sol, les plantations .. Pour la récolte, vérifier la
meilleure conservation des cueillettes en jours fruits et fleurs pour les fruits
Marque Demeter :En France, la marque Demeter suppose surtout d’utiliser les préparats biodynamiques + de respecter un cahier des charges Demeter, en fait comme en bio. Il faut la certification bio
européenne de toute façon .
Il n’y a pas d’obligation de résultats comme en Australie où Déméter est attribué au vue de critères comme la qualité du sol ( cf structure et humus ), la qualité des aliments ( brillance, goût),
l’odeur des déjections animales ( neutre et non mauvaise), la bonne odeur du pelage des moutons…
Apprendre à observer, avoir une implication personnelle :
--Le 501 accentue la brillance, les arômes ( effet lumière), la structure et le port dressé ( vigne), les feuilles plus découpées et moins molles
--. Le 500 va plus dans un sens compost : feuilles plus larges, vert plus foncé…On peut observer par exemple du pissenlit et son port, la taille et le découpage des feuilles suivant l’exposition,
la richesse du sol, l’ombre et la lumière . Il faut apprendre à voir les effets de la lumière ou du manque de lumière, les effets de l’eau et du compost… Avec de telles observations, on doit
pouvoir apprendre à percevoir les effets des préparats et savoir les besoins
-- L’implication personnelle, la relation personnelle notamment pour élaborer la fumure sont nécessaires pour sentir les choses et pas seulement les intellectualiser. « Les mailles du filet du
raisonnement sont trop grossières pour le domaine du vivant » ( R. Steiner, approximatif). Développer le ressenti, être attentif aux idées du réveil …
Document indispensable pour la pratique : « Guide pratique de la bio-dynamie à l’usage des agriculteurs » Pierre Masson, édité par le mouvement de culture biodynamique.
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