Quelques clés pour aborder la biodynamie.

Publié le par Frédéric Vanpoulle


Frédéric VANPOULLE
arboriculteur,, vice-président de « Culture bio », Crotigné 35580 GUICHEN. vanpoulle.frederic@laposte.net

Mots clés : biodynamie, agriculture, arboriculture, racines, qualité, photosynthèse.
Résumé :

Nous pouvons attendre d’une biodynamie professionnelle un enracinement plus profond ainsi qu’une amélioration de la structure des sols. Sur la partie aérienne des plantes, le préparat biodynamique 501 apporte un « effet lumière », une photosynthèse accrue, se traduisant sur les arômes, la brillance, le taux de sucre, les qualités organoleptiques. La biodynamie agit aussi sur la circulation des sèves.
En polyculture élevage et en maraichage, de plus en plus de producteurs peuvent montrer leur travail. La notion d’organisme agricole élargit la notion d’agro écosystème et peut aider pour la gestion d’un domaine. La viticulture biodynamique se développe et les effets œnologiques sont de plus en plus reconnu. Par contre, en arboriculture spécialisée, les potentialités sont là, mais il ne faut pas trop en attendre coté maladies.. Car il manque de producteurs professionnels et de recherche.
La biodynamie est aussi basée sur des conceptions élargies du vivant qui pourraient entraîner une révolution scientifique.

Introduction : les tribulations d’un néo-arbo!

   J’espère simplement faciliter votre réflexion et votre ( éventuel ) démarrage en biodynamie. Car le mien, il y a 14 ans, n’a pas été simple ! Une difficulté a été de concilier  les 2 approches conventionnelle et biodynamique. Une seconde de hiérarchiser les problèmes. La troisième d’apprendre une certaine technique biodynamique : ainsi j’ai dynamisé trop lentement pendant 2 ans, ce qui équivaut à quasiment rien ! j’ai dynamisé de l’eau encore trop chlorée et j’ai pulvérisé les préparats biodynamiques 500 et 501 avec l’atomiseur servant à la bio alors qu’ensuite j’ai compris l’inadéquation d’une telle pratique !
C’est ainsi qu’une année en août j’ai comparé des feuilles ayant reçu du 501 à des témoins. Ouf ! C’est plus brillant, moins mat, cela correspond à ce qui est affirmé. Mais l’année suivante, apparemment dans les mêmes conditions, aucune différence…

Plus d’un biodynamiste n’a guère plus de résultats que s’il était seulement en bio, à cause de problèmes liés à la qualité ou à l’utilisation des préparats.
Mais la biodynamie se professionnalise, sous l’influence de praticiens, de conseillers, notamment des australiens.


1.) Les outils biodynamiques


A) Notion d’organisme agricole :

Un organisme vivant est un être individualisé, avec une certaine autonomie, des fonctions de bases ( respiration, nutrition, excrétion, relation, reproduction…), avec des organes plus ou moins différenciés.
La biodynamie invite à regarder sa ferme comme un organisme agricole à part entière, avec différents organes :
-Le  ou les sols : sorte de diaphragme lié à la respiration
-Le sous-sol : organe tête, organe sensoriel captant des influences cosmiques
-le ventre du domaine contient tous ce qui est aérien, végétaux, arbres, animaux..
-La végétation : sorte d’organe digestif, qui grâce à la chaleur climatique, produit les nutriments du domaine ( légumes, fruits, fourrages…)( la végétation fait aussi le lien entre sol, sous-sol et « ciel »
-Les animaux :  d’autres organes qui animent et relient – par les déplacements, le paturage, les déjections-, qui amènent leurs influences propres
-Les êtres humains qui orientent l’organisme, font des choix, travaillent…
Plus le domaine agricole sera diversifié et organisé justement, plus l’organisme agricole sera en bonne santé. Les haies, les zones humides, les bois, les champignons, les oiseaux et autres animaux sauvages, l’apiculture,  la vie du sol sont importants et contribuent à l’équilibre et à l’immunité du domaine.

Les préparations biodynamiques sont aussi un moyen de relier les différentes parties du domaine, pour justement renforcer les interrelations. Pour Steiner , ce qui vient de l’extérieur du domaine doit être considéré comme un médicament, et donc amené à faible dose. Pour un biodynamiste, la notion d’organisme agricole est un idéal vers lequel progresser. Cela n’empêche pas d’être spécialisé si pour diverses raisons il est difficile d'’aller vers un ferme en polyculture élevage. Les préparations biodynamiques sont aussi un moyen d’amener des influences animales de manière subtile.
Steiner avance des influences subtiles : par exemple la présence d’un lieu où les  champignons supérieurs  sont « à l’aise », fait que les cultures seront moins malades. D’ou l’intérêt du tas de compost, de la zone humide, du bois.

Un organisme respire, et la nature a une respiration liée aux rythmes : rythmes annuels des saisons, rythmes journaliers jour/ nuit,  rythmes liés aux planétes…

Car l’organisme agricole est inséré dans un organisme plus  vaste, l’organisme terrestre  avec ses organes : océans, continents, pôles, atmosphères,  montagnes, forêts, végétaux et animaux et aussi êtres humains. Organisme plus vaste qui a été nommé au cours des temps, par exemple « Terre-mère » ou « Gaïa ».
Toute cellule –par exemple vous et moi, ou un domaine agricole- en bonne santé contribue à la santé de l’organisme Terre, à la manière d’un point d’acupuncture. (Et inversement)
Pour Steiner, l’organisme global est non seulement la Terre, mais le système solaire : Terre-soleil ; lune, mercure, vénus ; mars, jupiter ,saturne…Chaque planète et sa sphère d’influences subtiles peut être vu comme un organe. L’agriculteur a aussi pour rôle de maintenir ces relations

B). Les préparats biodynamiques 500 et 501 :

Ces 2 préparats complémentaires peuvent être fabriqués par soi-même ou achetés. Toute la chaîne d’utilisation doit être très  soignée :
  • qualité des préparats
  •  le stockage ( boîte spéciale avec de la tourbe séche non radioactive)
  • la dynamisation ( qualité de l’eau, eau tiédie, brassage vigoureux  pendant une heure)
  • la pulvérisation ( pulvérisateur ne servant qu’à cela, avec une pompe à membrane)
Car, comme nous le dit Alex Podolinsky, biodynamiste australien, il y a de nombreuses façons d’inactiver les préparats.
Nous avons maintenant un guide pratique précis permettant d’éviter les principales erreurs, ainsi que du matériel ( dynamiseur, kit de pulvérisation, préparats) ad hoc.

  • Le 500 :
Il est fabriqué à base de bouse transformée dans une corne de vache enterrée d’octobre à Pâques. Son odeur est neutre, on ne reconnaît pas la bouse. Il s’utilise à 120  g par ha, après dynamisation une heure.

Le 500 améliore l’enracinement :
Les racines sont plus actives, plus divisées et plus profondes ( voir annexe n°1 )
le 500 améliore la structuredu sol : voir annexe n°2
Mais aussi, inversement et comme n’importe quel engrais, il a besoin d’une bonne structure de départ pour agir efficacement.

  • Le 501 :
Il est fabriqué à base de quartz transparent.. Il s’utilise à 5 à 10 g par ha après dynamisation une heure. C’est le complément du 500.
Il y a un « effet lumière », il y a augmentation de l’évapotranspiration ( A. Podolinsky), de la photosynthèse ( Podolinsky) et de la protéosynthèse. L’effet est visible sur le port de certaines plantes (- particulièrement la vigne ; et moindre verse des céréales), la brillance, les couleurs, les arômes et les sucres (voir annexe 3)

C) Les préparats du compost

Pour Rudolf Steiner ( initiateur de la biodynamie), l’objectif de la fertilisation est de vivifier le sol. Pour cela, il prône des matières premières d’origine vivante, en particulier des fumiers compostés avec  6 préparats spécifiques. Un équilibre chaleur, air, eau est recherché, on cherche à ne pas dépasser 45 à 50 ° Celsius, pour ne pas avoir une cuisson et rester dans le domaine du vivant (« pas de fièvre »). Deux stades -« coprins » puis « vers de fumier »- sont des indices du bon déroulement du compostage.
Les conditions de départ étant adéquates, on rajoute à faible dose ( quelques grammes par m cube, mélangé avec du vieux et bon compost) les préparats 502 ( base achillée millefeuille), 503 ( base camomille matricaire), 504 ( ortie compostée un an), 505 ( base écorce de chêne), 506 ( base fleurs de pissenlit) et 507 ( jus de fleurs de valériane).
Il s’agit d’orienter et d’harmoniser les fermentations du compost.  Selon Podolinsky, cela oriente vers une matière organique de nature colloïdale, j’ai envie de dire humus colloïdal.

D) Des innovations :

    Maria Thun, éditrice du « calendrier des semis », a mis au point, après plusieurs années de recherche, notamment sur les problèmes de pollution radioactive, le « compost de bouse ». Ce compost de bouse, (à base de bouse, des préparats du compost, de basalte et de coquilles d’œufs), permet une reconversion plus rapide . L’effet sur la radioactivité est maintenant prouvé, les plantes absorbant moins
    Alex Podolinsky, pour les grandes surfaces australiennes  ne recevant pas de compost, a conçu le « 500 préparé » qui amène aussi les impulsions des préparats du compost. Cet outil semble plus puissant que le 500

E) Avoir une utilisation cohérente et convergente de ces outils.

Il s’agit d’abord d’améliorer ses sols en terme de structure, stabilité structurale, profondeur d’enracinement, qualité et quantité d’humus. Par exemple : sous-solage initial, rotation avec des prairies longues durées, modes de pâturage et de fauche facilitant l’enracinement profond et l’enrichissement par les racines se décomposant, mode d’irrigation, utilisation des préparâts.
Et il s’agit d’apprendre à utiliser les préparats à bon escient, en apprenant à percevoir leurs effets..Ainsi, une année très pluvieuse entraînera l’utilité de plus de 501 ( effet lumière, + effet « asséchant », + resserrement des tissus)

F) Quelques effets complémentaires de la biodynamie.

--Les préparats 500 et 501 agissent sur la circulation des sèves . Cela apparait dans la dynamique d’enracinement, la meilleure photosynthèse, la recherche de verticalité. Les problèmes liés à des blocages de sèves, par exemple un coup de froid au printemps, entraînant notamment des pucerons, pourront se résoudre ou s’atténuer grâce au 501 ou au 500.
--le 501 agit sur la protéosynthèse ( transformation des nitrates et acides aminés solubles en protéines…), grâce à l’effet photosynthèse. Comme d’autres outils  ( cf. les travaux de Chaboussou), le 501 aura un effet sur les problèmes liés à des excès d’azote soluble ( pucerons, phytopes, acariens…)
--une bonne structuration du sol, sans semelle de labour, aurait un impact sur les insectes comme les chenilles.

     Globalement, si la première étape d’amélioration des sols est effective, ce qui suppose d’abord d’être bon agriculteur,  on peut espérer des améliorations en terme de santé des cultures et des animaux, de qualité des produits ( voir exemple annexe 4) et de rendements.

G) Les influences planétaires

--Divers travaux de recherches, surtout privés, montrent l’influence des planètes du système solaire et de leurs positions sur l’agriculture :
  • les moments de travail du sol, de semis ou plantation, de binage, de pulvérisation des péparats biodynamiques, de récolte, … ont une influence sur les rendements, la santé des cultures, la conservation, la qualité des produits agricoles.
  • Il y a 5 grands types d’influences : des jours « à éviter » où les cultures sont facilement malades ou anormales, des jours « racines » , des jours « feuilles » des jours  « fleurs », des jours « fruits » . Par exemple une comparaison de carottes dans ces différents jours montrera un meilleur rendement et une meilleure conservation en jour « racine ».
  • Les mauvaises herbes ne lèvent pas de la même manière suivant le type de positions planétaires ( on peut s’en servir pour mieux réussir des faux semis)
  • Des graines récoltés dans des jours défavorables ou non optimum seront plus sensibles aux maladies.
  • Il est possible d’utiliser ces données dans la sélection et la production de semences

2). Quelques aspects arboricoles.



La biodynamie française en arboriculture en est à ses débuts. Nous sommes très peu nombreux et les résultats pas forcément à la hauteur de ce qu’on pourrait attendre. ( en tout cas chez moi). Mais me semble-t-il, les potentialités sont importantes :
  • en terme de qualité gustative et visuelle des fruits,
  • en terme de moindre pression de maladies et de problèmes d’insectes,
  • en terme de régularité, voire d’augmentation de rendement,
  • de compréhension renouvelée des relations sols/plantes/ maladies, ravageurs/ qualités…
Cependant, et jusqu’à preuve du contraire, il ne faut pas trop en attendre ! ! ! Ainsi, les effets anti-tavelures sont insuffisants.
Il faut appliquer les procédures habituelles bio de protection des plantes en même temps que la biodynamie.

  • Pour une reconversion :
    • Garder des témoins ( plusieurs rangées) non biodynamiques pour comparer
    • Commencer avec le 501 à l’automne, après la récolte, après 15h GMT. Cela permet un « mûrissement d’automne » des feuilles. (Couleurs d’automne) Il semble que cela favorise le passage des réserves de la feuille au bois et aux racines.
    • Un 501 le matin avant la récolte rend le fruit plus ferme et plus coloré. Au contraire, le soir, cela le dessèche ( communication  personnelle de François Bouchet, c’est très visible sur pêche)
    • Essayer d’améliorer la structure du sol, c’est notamment le problème des roues de tracteurs qui tassent.
    • Il faut tout de suite adopter la « méthode australienne », me semble-t-il. ( C’est à dire, dynamiseur « à l’australienne »  avec brassage vigoureux, en cuivre ; pulvé réservé à cela avec pompe à membrane, qualité de l’eau qui est chauffée, utilisation du 500 préparé. Avec un inter-rang enherbé, introduire du trèfle blanc, bien gérer votre enherbement dans le sens de l’approfondissement et de l’enrichissement des sols. Utiliser le 501, sinon vous risquez un excès d’azote soluble et des problèmes pucerons.)

De nombreuses expérimentations à mener :

Les possibilités de la biodynamie ont besoin d’être essayées et expérimentées par plus de monde et de façon plus rigoureuse. Ainsi Podolinsky utilise un mélange 500 préparé/ 501 dans les cas graves de blocage de sève. François Bouchet (conseiller viticole) prône « urtica 500 », du 500 dynamisé avec de la tisane d’ortie, en début de problèmes pucerons. D’autres ( Xavier Florin) utilisent la valériane seule ou avec un préparat pour limiter les effets du gel, ou à la St Jean pour limiter l’alternance. Le préparat 505 à base d’écorce de chêne aurait un effet pour limiter les maladies. De même pour la prêle ( insuffisante, peut-être à dynamiser et à utiliser au bon moment, ou à combiner à de l’ortie et très peu de cuivre…)
Il faudrait vérifier l’effet des dates de récoltes sur la conservation. ( garder plus longtemps les récoltes en « jour fruit »)…etc.


3). En polyculture élevage


Une ferme doit tendre vers un idéal d’organisme agricole : une individualité avec ses divers organes en inter-relation : sols/ cultures/ haies/ animaux. Il s’agit de trouver le bon équilibre concernant le nombre d’animaux des différentes espèces, en fonction du lieu et de l’agriculteur.
Les ruminants, en particulier les bovins, tiennent une place importante. Les ruminants demandent des prairies : les prairies de longue durée sont un moyen important pour améliorer la structure des sols et améliorer la fertilité.
Les cornes des bovins sont considérés non seulement comme un moyen de défense, mais comme un organe de (meilleure) digestion, donnant un meilleur lait et une meilleure bouse. Posons nous la question pourquoi les civilisations hindous et égyptienne considéraient la vache comme sacrée…
Le bon élevage des animaux se traduit dans la qualité des déjections, qui elles-même influencent bénéfiquement la qualité des cultures et fourrages, via la qualité du sol. L'effet est cumulatif, dans un cercle vertueux, opposé au cercle vicieux des pratiques classiques.


4). un élargissement des conceptions agronomiques classiques.


  • Des paradigmes différents :
La physique d’Einstein procède d’un paradigme différent de celui de  Newton ; la médecine chinoise procède d’un paradigme différent de celui de la médecine occidentale De même la biodynamie procède d’un paradigme différent de celui de l’agriculture classique, cela élargit  les conceptions classiques.
 ---Ainsi, à la notion de substances, la biodynamie ajoute la notion de forces de vie : forces de vitalité et forces  de structuration.  L’observation active doit permettre de les approcher, de même que nous voyons le vent ou les forces magnétiques par leurs effets. Les « tests sensibles » comme les cristallisations sensibles sont aussi des images permettant d’approcher et d’étudier ces forces dans les végétaux, les aliments…etc.

--- Par exemple, de la même manière que pour comprendre une boussole on doit faire appel à une notion large de champ magnétique terrestre, pour Steiner, on ne peut comprendre les plantes sans les insérer dans le système solaire et stellaire.

---Les substances sont porteuses de forces : l’oxygène porte l’éthérique, l’azote porte l’astral, le carbone porte la forme …Le calcium transmet les forces de la Lune,  de Mercure et de Jupiter en relation avec l’eau. C’est en lien avec la reproduction et les problèmes de maladies fongiques. La silice, en relation avec la chaleur, est porteuse des influences de Mars, Jupiter et Saturne, et c’est cela qui fait la qualité nutritionnelle des aliments, ainsi que leurs couleurs.

---Pour Rudolf Steiner, les engrais chimiques solubles rendent  les plantes « sourdes » aux influences cosmiques et aux influences de leur environnement. Cela voudrait dire que les expérimentations en agriculture conventionnelle ne peuvent pas être extrapolées en bio ou biodynamie. Il faut expérimenter sur des terres en bio et biodynamie

  • « Pour une perception active »
Nous connaissons ou reconnaissons notre environnement  en combinant 2 facultés : nos diverses perceptions et notre pensée. Ainsi nous  reconnaissons un pommier en associant des perceptions à un concept « pommier ». Chacun développe ses observations de par sa profession et son implication. Il s’agit ici de renforcer  ces observations, d’être attentif à d’autres aspects pour arriver petit à petit à des observations comme « l’effet du 501 » ( brillance, arômes, parfums, port, couleurs…) ou « effet du 500 ». , puis arriver à ressentir le « besoin de 501 » ou le  besoin d’eau ou. etc.
Il s’agit d’intensifier perceptions et processus de la pensée, de la compréhension.
Mais pour Podolinsky, si un agriculteur professionnel ne voit pas les effets de sa pratique biodynamique, c’est que les préparats ont été inactivés à un moment ou un autre de la chaîne d’utilisation.

  • Quels rapports avec l’anthroposophie ?
 La biodynamie est né des propositions de Rudolf Steiner à des agriculteurs qui le questionnaient. Rudolf Steiner est avant tout un explorateur du monde et du vivant, avec une méthode qu’il propose à chacun d’utiliser. Il décrit les résultats de son exploration, notamment par les empreintes et symptômes laissés dans le monde perceptibles à nos  sens…Cette méthode d’exploration  (« boussole ») et cette description (« carte ») est à confronter à notre propre carte du monde et aux diverses cartes du monde existantes ( science classique, nouveaux développements scientifiques comme la biophysique, apports d’autres civilisations ou d’autres méthodes comme l’homéopathie…)
La méthode d’exploration et la carte du monde constituent  «l’anthroposophie »  (= sagesse de l’homme) Elle aborde de très nombreux sujets et voit le monde et l’homme comme « corps, âme, esprit ». Mais il ne faut pas se faire peur avec ces mots ! Savez-vous que dans une simple chaise il y a une idée , une idée de chaise que nous reconnaissons. Une idée, c’est une réalité , oui une réalité non pas matérielle, mais spirituelle…(voir annexe 5)
 Chacun peut faire de la biodynamie sans pour autant s’intéresser à l’anthroposophie.
Les premiers biodynamistes y venaient souvent par l’anthroposophie. Une nouvelle génération y vient avec d’autres références culturelles.


CONCLUSIONS : à chacun de les tirer individuellement et peut-être collectivement…


Bibliographie et adresses :

Quelques documents sont importants à étudier :
1) MASSON Pierre « Guide pratique de la biodynamie » à l’usage des agriculteurs.. 36 pages. Edité par le Mouvement de Culture Biodynamique Colmar.
2) PODOLINSKY Alex « L’agriculture bio-dynamique, agriculture de l’avenir ». Edité par le Mouvement de Culture Biodynamique. 48 pages.
3) LUST Volkmar «  Production bio-dynamique de fruits et de légumes », édition Ulmer. Quelques problèmes de traduction. (disponible par le MCBD)
4) STEINER Rudolf« Le cours aux agriculteurs », éditions Anthrosophiques Romandes( Genève) (disponible par le MCBD)

Quelques adresses :

  • Mouvement de Culture Bio-dynamique 5 place de la Gare 68 000 Colmar 03 89 24 36 41, fax 03 89 24 27 41 ; e-mail : Biodynamis@wanadoo.fr (nombreuses  publications)
  • Syndicat d’Agriculture biodynamique ( même adresse)
  • « Soins de la terre » Vernoux 49 370 Becon les Granits 02 41 77 46 11 fax 02 41 77 43 37 ( conférences )
  • Pour les préparats : MCBD service préparations les Crêts 71 250 Château tel 03 85 59 31 95 fax 03 85 59 31 95
  • Machines à dynamiser et autres matériels : Ecodyn , Vernoux , 49 370 BECON les Granits, tel 02 41 77 46 11 fax 02 41 77 43 37.
    Il y a 2 conseillers professionnels ayant une longue expérience d’agriculteur : Pierre Masson et Mathieu Bouchet (viticulteur- société « Terre en devenir » basée en 49)

Annexe 1 « effets racinaires »:


Article de biodynamie  n° 32 p 59 et 60 « stimulation des racines dans le sol par les préparations biodynamiques"+extrait biodynamis 31 p 57  effet sur racines de lisier avec ou sans préparats (voir page 8)

Annexe 2 : « effet structure »


  • Les essais suisses « D.O.C. » de l’IRAB comparent depuis plus de 21 ans bioDynamie, Bio (Organique) et Conventionnel. Les résultats montrent visiblement  des différences de structure du sol et de stabilité structurale en faveur de la variante biodynamique. Ces différences s’accentuent depuis quelques années depuis que de meilleures préparations ont été introduites…Une autre différence importante est liée à la dynamique du phosphore dans le sol (enzymes,  en faveur de la biodynamie) ( voir publication scientifique dans « Science »)
  • Alex Podolinsky insiste beaucoup sur la structure du sol, à la fois condition d’action des préparats puis conséquence. ( Voir photos de son document référencé en bibliographie). Demeter, en Australie, est attribué sur des critères pratiques tels que la bonne structure des sols, la bonne odeur des fumiers animaux ou de la laine de mouton.
  • François Bouchet cite de nombreux exemples en viticulture, dont des comparaisons biodynamie en reconversion, bio et conventionnel montrant beaucoup moins d’érosion pour la biodynamie ( après des orages). J’ai aussi connaissance d’un contre-exemple où un travail de sol avait entraîné une forte érosion

Annexe 3 : « effet lumière »


  • Une culture semi-expérimentale d’oignon plus ou moins ombrée, recevant ou non du 501, a montré clairement par les tests de cristallisations sensibles des différences. Le 501 augmentait « l’effet lumière » des cultures ombragées. Il y a une « signature » biodynamique dans les images de cristallisations sensibles. ( travaux de Marie-Françoise TESSON- association Présences.
  • Maria Thun décrit une expérience qu’elle a menée en Allemagne du nord : Du blé ombré par un filet donne du grain incapable de germer. Par contre, dans les mêmes conditions, avec du 501, le blé donne du grain capable de germer.
  • Des tests de « bioluminescence » ( travaux du physicien Fritz Popp) appliqués à des légumes biodynamiques italiens. montraient une émission de lumière supérieure d’environ 50% vis à vis de légumes bios. Par contre dans les premières années des essais DOC suisse, il n’y avait pas de différences entre les 3 variantes … ( biodynamie mal appliquée ? Podolinsky ne voyait aucune différence, lors de sa visite, avant les améliorations de pratiques…).
  • Je ne connais pas de travaux scientifiques sur les effets arômes et sucres, même s’il y a des impressions dans ce sens. Dans les essais DOC suisse, il y a toutefois des tests gustatifs en faveur de la biodynamie. (+ nouvelles expérimentation en vigne par le fibl –voir +loin)

Annexe 4 : « effets qualités »



Dans le document « La recherche bio-dynamique, méthodes et résultats » de Herbert Koepf,   il est cité plusieurs travaux de thèses dont une de El Saïdi ( 1982) . Une comparaison bio, biodynamie compléte ( colonne 4), conventionnel montre une grosse différence de conservation  d’épinards après 8 jours côté nitrates, nitrites, et vitamine C en faveur de la biodynamie. (tableau p 61 de ce livre)
« expérimentation de plein champ sur la qualité de l’épinard » (El Saidi 1982)
variante    compost (« bio »)    compost +502 à 507    compost +500 et 501    compost + 500+501 + 502 à 507    NPK
% matière sèche    9,4    10,8    11,3    10,7    9,9
nitrates mg/100g    107    74    62    69    741
Nitrites, mg/100g    0,7    0,6    0,6    0,6    2

nitrites après 4 jours    1,1    0,7    1,1    0,7    2,4
nitrites après 8 jours    7,6    1,4    2,2    0,5    22
vitamine A    38    32    31    32    42
id après 4 jours    25    34    29    34    45
id après 8 jours    21    32    20    35    26
vitamine C    737    625    766    932    570
id après 4 jours    167    193    487    196    67
id après 8 jours    22    109    40    223    3

  • « le lait différents avec les cornes »
« Une étude de l’université de Kassel ( Allemagne) démontre que les vaches à cornes produisent un lait de qualité différente que celles sans cornes. Elle s’appuie sur 2 méthodes : la méthode dite de Steigbild, et la cristallisation sensible ( selon Pfeiffer). Il ressort que le lait des vaches sans corne présente plutôt un profil de fin de lactation, alors que le lait des vaches à cornes présente, lui, un profil bien plus typique du lait cru. Par contre l’analyse chimique classique n’a mis en évidence aucune différence particulière » (paru dans Biodynamis hiver 2005)

  • Expérimentation sur les préparats biodynamiques par le FIBL, « on farm » :
Sur 3 vignobles biodynamiques suisses, suivi par 2 chercheurs du Fibl,une expérimentation a démarrée depuis 2 ans . il est écrit « pour s les facteurs de croissance observés, il y a une tendance positive pour le 501. Concernant la verticalité des rameaux, il y a une tendance positive pour le 500. Quant à l’état structural du sol (méthode des tamis), il semble être positivement influencé par la variante 500+ 501 »Cependant ces influences sont minimes,  ce qui marque beaucoup plus, ce sont les résultats très supérieurs en microvinification, avec tests de dégustations par des œnologues et tests sensibles.


Annexe 5 : l’œuvre de Rudolf Steiner



Rudolf Steiner, autrichien mort en 1925, de formation scientifique ( Ecole polytechnique de Vienne) et philosophique a laissé une œuvre importante :

  • Des nombreux livres et conférences issus de son observation/ exploration du monde selon sa méthode « anthroposophique » :
--- un livre philosophique «  philosophie de la liberté » justifiant sa méthode de connaissance fondée sur une intensification personnelle des perceptions et du processus de la pensée. La pensée pouvant être observée elle-même, c’est une porte s’ouvrant pour des perceptions sûres d’ordre spirituel. Monisme et dualisme. Individualisme éthique…
--- des livres et conférences sur sa méthode de connaissance dont Goethe avait donné les prémisses pour l’observation du monde végétal. Exemples de titres : « Culture pratique de la pensée », « L’initiation ou comment acquérir des connaissances sur les mondes supérieurs », « chemin vers une connaissance de soi » etc…Chacun pourrait développer  de nouveaux sens et accéder aux 3 facultés appelées par Steiner « Imagination », « Inspiration », « Intuition ».
--- des conférences et livres sur ses explorations dans de nombreux domaines touchant au vivant (« l’âme animale »), à la société ( « éléments fondamentaux pour la résolution du problème social »), à l’éducation, à la médecine et à l’alimentation, à l’histoire et à l’évolution de la conscience humaine, à la culture et à l’art, aux sciences, à la spiritualité et aux religions ( « théosophie », « foi, amour, espérance », commentaires des évangiles…), aux périodes d’avant et d’après vie…etc. …etc.…

  • Des méthodes ou approches pratiques dans  l’éducation ( près de 500 écoles Steiner dans de nombreux pays), la pédagogie curative ( pour enfants et adultes « à problèmes »), la médecine ( conception de l’homme et des maladies, médicaments anthroposophiques), l’agriculture, l’eurythmie… Une « Université Libre des Sciences de l’Esprit » appelée Goetheanum, en Suisse, et des groupes dans divers pays, continuant une recherche et un enseignement dans les divers domaines cités.
  • Des individus qui apprécient les éclairages de Steiner et les utilisent pour mieux comprendre le monde et eux même. Ou qui les utilisent comme moyens de « développement personnel », de « développement social », dans leurs métiers….sans exclusivité.
Pour Steiner, nous sommes entrés depuis la Renaissance dans une nouvelle période caractérisée par le développement de l’  « âme de conscience ». Les individus cherchent de plus en plus des réponses personnelles fondées sur leurs propres ressentis et recherches et moins sur les affirmations d’autorités quelconques. Les acquis de la rigueur scientifique peuvent s’appliquer à d’autres domaines, ceux doué d’âme et d’esprit…( soi-même, le vivant…).
Pour moi, c’est éminemment moderne, même s’il faut balayer de nombreux préjugés venant du scientisme et du matérialisme ambiant…
Pour Steiner l’anthroposophie permet de relier la tête, au cœur, et aux mains, c’est à dire la pensée, la sensibilité et la volonté. Elle contribue à « connaître l’esprit, réchauffer les cœurs, raffermir les volontés »
Pour moi, c’est profondément humain et nourrissant, si on n’en fait pas des dogmes mais des chemins d’exploration.

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